samedi 13 avril 2013

Cinéma & Tauromachie



Ca commence en 1896 par une bobine de 17 mètres : Alexandre Promio tourne « L’Arrivée des Toréadors » pour le compte des Frères Lumières.

Plus tard, entre 1930 et 1932, Eisenstein tournera entre 35000 et 70000 mètres de pellicule (personne ne s'entend sur le chiffre mais tout le monde s'accorde à dire que c'est beaucoup) qui donneront vie en 1979 à l'incontournable « Que Viva Mexico ! ».

Plus tard encore, en 2009, au milieu d’un pénible chaos scénaristique, l'évocation des fêtes de Pampelune donne une précieuse bouffée d’air à l'imprudent spectateur qui s’est égaré dans une salle obscure pour y découvrir « Les derniers Jours du Monde » des Frères Larrieu.

Mais de ce dernier film, il n’est pas question dans « Cinéma et Tauromachie ». Pas plus que du dispensable Manolete de Menno Meyjes ni non plus du magnifique BlancaNieves de Pablo Berger.
En effet, avant de s’éteindre le mois dernier, Manuel Rodriguez Blanco n'avait recensé "que" 110 ans de cinéma taurin et son inventaire, au demeurant très exhaustif, démarre en 1896 pour s'arrêter en 2005.
 
Un prologue éclairé en forme d’histoire cinématographico-taurine et un lexique délicieusement nuancé encadrent une longue liste de courts et longs métrages, fictions, dessins animés, magazines et autres documentaires, souvent espagnols, français ou mexicains, mais parfois invraisemblablement japonais, danois ou suédois.

Au fil des pages, l'excellent Manuel Rodriguez Blanco s’attache à donner des indications factuelles sur chaque œuvre (anecdotes de tournage ou point d'ancrage tauromachique du film par exemple) mais  s’abstient de toute forme de critique et ne se permet aucun commentaire personnel quant à la qualité intrinsèque de la production finale. 
Cette retenue laisse forcément le lecteur sur sa faim mais offre un trésor au cinéphile : celui de pouvoir découvrir en toute neutralité et avec une grande liberté d'esprit quelques 803 films où la tauromachie, à un moment ou à un autre, sous une forme ou sous une autre, sera évoquée.

Maintenant, y'a plus qu'à trouver les films...

Cinéma et Tauromachie (Cent dix ans de cinéma taurin) de Manuel Rodriguez Blanco aux Editions Gascogne

* L'illustration est une capture de Los olvidados de Luis Buñuel
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire