jeudi 23 mai 2013

Vic IV - Au revoir *






C'est toujours à cause du même processus que les programmes les plus rigoureusement établis sont régulièrement radicalement anéantis.

Ça démarre innocemment avec un vieux copain à qui on a promis de boire juste un verre en vitesse après la course.

Comme de bien entendu, on ne peut pas faire autrement (air connu) : c'est sans doute la seule fois qu'on pourra se voir cette année, il faut absolument qu'il nous présente quelqu'un dont il nous parle depuis une éternité, on lui a rapporté un truc et on est bien obligé de se voir pour lui remettre le truc en question, et j’en passe… 

De toutes façons, ça ne va pas perturber le planning élaboré puisqu'on intègre en propre cette séquence dans l’organisation minutieuse de la journée. Preuve ultime qu’on est pétri de bonnes intentions : pour ne pas perdre de temps, on envoie un sms avant la fin de la course pour proposer un lieu de ralliement histoire de ne pas passer des heures à se chercher ! 

A ce stade, les choses se présentent ainsi : « Juste après la course je retrouve Bidule à tel endroit, on boit un verre en vitesse, je rentre au gite, je grignote les restes du pique-nique, je range ma chambre, je vérifie que je n’ai rien oublié, je rends les clefs au logeur et je reviens toute fraîche pour la course du soir ».

Comme de bien entendu, on ne s'attarde pas pour un deuxième verre. Sinon, on le sait, c'est foutu. 

Ou alors juste un.

A cet instant précis, on est encore en droit de croire qu'on va rentrer au gite, grignoter les restes du pique-nique, ranger sa chambre, vérifier qu’on n’a rien oublié, rendre les clefs et revenir tout frais pour la course. Preuve ultime qu’on est pétri de bonnes intentions : on engloutit son verre en vitesse et on file trop rapidement en expliquant qu’on doit vraiment rentrer au gite, blablabla, blablabla, amen.

C’est 5, 10 ou 40 mètres plus loin (selon qu’on vient aux arènes depuis 40, 10 ou 5 ans) qu'on doit se résoudre à l'évidence suivante : ce méticuleux programme n’aura été qu’une illusion à peine un peu plus provisoire qu’un bivouac de festayre. 

A 14h00, à Vic lundi dernier, j’aurais dû rentrer au gite, grignoter les restes du pique-nique, ranger ma chambre, vérifier que je n’avais rien oublié, rendre les clefs et revenir toute fraiche pour la course. Ca ne s'est pas passé ainsi. Du tout. 

A 17h00, à Vic lundi dernier, il y avait une course de Adelaida Rodriguez. Ca aurait pu être une belle course. Ou même une course moyenne. Ou même une mauvaise course au cours de laquelle on aurait pu voir quelques détails (en plus de l'estoconazo de Fandiño). Mais là non plus, ça ne s'est pas passé ainsi. Du tout. 

* Ma manière à moi de promettre à C. & J., E. R. & M.,Y. et P., mon hôte en ces lieux, qu’on se le boira ce verre, tranquillement, à Madrid, Céret ou ailleurs.

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