lundi 15 juillet 2013

Céret ?


Dimanche soir, hier en somme (pourtant, ça me parait déjà bien loin), autour des arènes de Céret, il y avait Matias Gonzalez, un feu d'artifice, et pas mal de déception. N'était l'absence de txacoli, on se serait cru à Bilbao, un an en arrière. 

 Vicente Soler, novillero

Des 6 beaux novillos de Yonnet (16 piques), le 4ème a été le plus complet *. 

Jesus Fernandez, infradébutant depuis des années, a trouvé un instant le bon sitio à gauche devant cet adversaire de grande classe. Son modeste bagage ne lui a pas permis de faire beaucoup plus pendant la matinée. 

Cayetano Ortiz a le mérite d'avoir accepté de venir toréer à Céret. On ne peut pas lui enlever ça.

Castrillon ayant passé son chemin, Vicente Soler * a été appelé à prendre la place vacante. Son premier novillo profite de toutes ses erreurs pour le mettre en danger mais la bonne volonté criante du torero lui vaut une oreille. Le gamin joue ses 17 ans sur une grosse épée envoyée au dernier novillo et la pétition majoritaire qui s'ensuit mettra la présidence dans l'embarras : elle refuse (justement) la sortie a hombros au gamin en lui refusant (injustement) l'oreille demandée. Comme il y a rarement en tauromachie de succès sans malentendu, on peut dire que Vicente a triomphé à Céret en sortant à pied.



De mes Cuadri chéris (13 piques), disons que le 6ème * fut le moins décasté.

Les lidias de Uceda Leal ne m'ont pas laissé d'autres souvenirs que leur navrante anarchitecture. Sauf peut-être l’acharnement avec lequel sa cuadrilla s'est ingéniée à parsemer son chemin d'embuches. 

Robleño laissera le meilleur et le pire de la tarde : une réception sublime * et deux immondes bajonazos. 

Joselillo met à peine un peu moins de distance entre lui et sa muleta qu'entre lui et le toro. Et comme on ne peut pas lui reprocher d’avoir étouffé ses adversaires... 

 
Matias Gonzalez, fausse bonne idée

La course des Palha (16 piques) était très attendue.

En ce qui me concerne, l'attente ne portait pas uniquement sur les toros mais également sur les piétons.

J'aime le sérieux d'Ivan Garcia * et je lui ai connu une belle main gauche en d'autres lieux. Ce dimanche, il s'est contenté d'être sérieux. De bout en bout, il s'est attaché à remplir son office de chef de lidia et, fait remarquable, il aura été le seul matador du week-end à nous présenter une cuadrilla de relativement bonne tenue *. Face aux toros, il s'est appliqué mais va a menos avec son premier et ne réussit pas à se hisser au niveau du bon 4ème * gratifié d'une vuelta au demeurant surprenante. J'ai par ailleurs rarement vu un matador aussi meurtri que lui d'avoir planté un bajonazo à l'un de ses toros.

J'imaginais que Escribano et Aguilar allaient se tirer la bourre et jouer le jeu de la competencia.
Candeur ou superstition, je plaçais aussi beaucoup d'espoir dans l'homonymie du Camarito du jour.
Las, Escribano soumet notre patience à un test d'endurance relativement éprouvant sous un soleil et un silence de plomb.
Quant au petit Aguilar (bien placé pour rafler le prix de la pire cuadrilla malgré une concurrence sévère**), il verra s'éteindre son premier opposant * après que celui-ci ait fait chuter et mis à mal le piquero. De son dernier il ne verra rien, et, par extension, nous non plus. 

Je crois que c'est pendant cette course que nous avons vu les piques les plus laides de la feria (ce qui n'est pas rien si on considère que c'est également pendant cette course que l'on a vu les seules correctes *).  


Les principales caractéristiques des crypto-toros d'Escolar Gil ont été leur physique cruellement mexicain, leur mobilité * et... leur propension à sortir vivants du ruedo (sans compter l'ultime changement du sobrero de Fidel San Roman).

A son second parfaitement impossible à gauche, Robleño, mine de rien, robleñise. Et nous sort la supercalifragilistic série de naturelles qui tue *. Enorme.

Quand on regarde Fernando Cruz toréé, on a l'impression de voir un navire à la veille de sa dernière traversée. Un sentiment de tristesse et tendresse mêlées. Et quand on le voit se faire prendre à terre on a mal pour lui (moins que lui certes, mais mal quand même).

Que dire de Ruben Pinar si ce n'est que, peu informé des choses cérétanes, le garçon se trouva fort décontenancé et plus vert que les mouchoirs qui tombaient du palco à chaque fois que la cobla * se remettait à jouer après les ovations successives (et grandement méritées). 

*  En mettant bout à bout tous les évènements suivis d'un astérisque, on arrive bon an mal an à faire une bonne course. 

** Ce serait bien pour l'an prochain que l'alguazil trouve un moyen efficace de mettre de l'ordre en piste et de faire respecter un tant soit peu la lidia. Parce que la technique qui consiste à papoter courtoisement avec les banderilleros et à chapitrer les piqueros en tapotant le burladero du bout du doigt en faisant les gros yeux, ben ça marche pas.

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