dimanche 4 août 2013

Les épines d'Azpeitia



 Fandiño face au n° 22, Huracan, sorti en cinquième position

6 Pedraza de Yeltes 6 sont sortis en place d’Azpeitia jeudi dernier.
3 beaux, 4 braves, 1 déconnant de la corne, 1 invalide de grand moral, 4 très encastés, 1 inédit.
4 batacazos. 10 piques prises en fonçant sus au piquero.
1 zortziko en cinq huit. 
8 bonnes sœurs à la fenêtre.
1 présidence qui maîtrise plutôt bien le lâcher de mouchoir mais semble ignorer que la musique n’est pas tout le temps obligatoire. 
Des tas d’enfants qui se bousculent pour rentrer au cinquième toro. 
Du vent.


A son premier, le Cid a le toreo triste et coupable de celui qui ne réussit jamais à intéresser son adversaire. Ses quarts de passes profilées n’entameront pas le moral de la bête qui se jettera sur lui au moment de la mort. Le maestro nous fait l’honneur équivoque de nous brinder l’invalide et puissant 4ème. Chiffonnades à la cape, doutes et approximations aux banderilles, zigouigouis de muleta passée au-dessus de la tête en tournicotant sur soi-même. Je crains que le Cid (et sa cuadrilla) soient en phase tauromachique terminale. Je n’aurais jamais vu sa fameuse main gauche…  


Aujourd’hui, Fandiño est descendu aux enfers pour y chercher une oreille. En vain. Pourtant, il s’est vraiment accroché. Et il s’est déchaussé. Son premier se retourne avec fougue y compris en fin de série et son second a clairement décidé de lui compliquer la vie. Dans les deux cas, ils ne supportaient pas le moindre relâchement ni la moindre inattention. Le fol aguante et le merveilleux entêtement du chic type n’ont jamais pu venir complètement à bout du passionnant 5ème qui aurait mérité la vuelta. Un bien beau combat en vérité.


Mora aura permis au Cid de donner deux beaux gestes pendant cet après-midi : un quite salvateur sur une glissage du godelureau au capote et un quite au cheval à terre écrabouillant le piquero. Après une faena méritoire si l’on tient compte du vent mais peu consistante si l’on s'attache aux canons de la tauromachie et à ce que le toro avait supposément dans le ventre, le play-boy a poussé la coquetterie jusqu’à obtenir une oreille à son premier. Le toro a eu les honneurs du mouchoir bleu. Par la grâce d’un sorteo providentiel, le sixième fut également très maniable et l’adonis a pu le toréer à satiété en lui donnant toutes sortes de distances.


J’ai eu le plaisir de pouvoir applaudir le mayoral qui sortait discrètement de la plaza.

Je n’ai pas pensé à lui demander si les manipulations fundassiennes pouvaient être à l’origine du tempérament exigeant de ses ouailles, du développement de leur instinct offensif et défensif, de leur caste en somme. Moi qui n’y connais pas grand-chose aux toros (et, il est vrai, n’ai que peu fréquemment constaté une aussi nette propension à se battre chez les pensionnaires des autres ganaderias qui usent des fundas),  j’ai simplement pensé que nous avions assisté à une course de toros de combat et que quelques piques supplémentaires auraient gommé au moins une partie des embûches rencontrées…

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