jeudi 31 mars 2016

Arles et le Nutella

Le Nutella au goût si neutre est un produit capitaliste assène Jean-Pierre en guise de tertulia définitive de ce premier rendez-vous arlésien. A part penser que produit de masse, il serait plutôt communiste , c'est vrai qu'il était compliqué de meubler la conversation avec les émotions de la corrida du jour.
S'il fut plaisant de voir Sébastien Castella confirmer qu'il est revenu à un grand niveau , avec les Garcigrande du jour, difficile d'avoir les émotions à fleur de peau.
Lopez Simon répétitif et assez quelconque, Manzanares nerveux et à côté de la plaque dans la fraîcheur tombante de la provence au mois de mars ... bref, quelques bières pour oublier , un solide apéro , la paella selon la recette d'Asencion sublimée par Thierry soulignés d'éclats de rire d'une soirée réussie lancèrent la feria.
Par pertes et profits passera le mano a mano Juli/Roca Rey, voile pudique jeté sur la prestation des Daniel Ruiz qui agacèrent une grande partie du public. Selon Pierre, le taureau de la daube de midi, toute en subtilité, de Maryse fut le meilleur de la journée. Il y a des jours comme ça où le temps pluvieux et gris plombe l'évènement. Novillada matinale annulée, après-midi d'intérêt tout relatif, boitier photo blessé après une chute -pronostic muy grave - Vivement demain!
Soleil de retour, ciel bleu pâle d'un matin de printemps débutant...direction Fontvieille , le rejon n'étant pas ma tasse de thé (il parait que Ventura fut énorme), pour une tienta.
Des jeunes de Nîmes et de Béziers s'escrimèrent derrière des moins jeunes, Paquito Leal en tête pour faire passer des vaches de Granier.
Les émotions matinales ça creuse, et les grillades d'Eric firent passer notre faim de vie à trépas.
A peine englouties les saucisses et la ventrêche que le temps du toro revenait déjà.
Un autre limonade , le Pedraza...
Puissant , bougeant volontiers la cavalerie pour peu qu'on l'invite correctement à charger, sa présence donne un relief bien différent à tout ce qui se passe en piste.
Escribano, se mit en difficulté en manquant semble t'il de continuité et d'engagement véritable notamment face au 4ème à qui il servit pourtant deux séries mains droites pleines de saveur.
Juan Del Alamo est il un torero trop classique pour l'endroit?
Plein d'abnégation, après avoir conduit une faena sérieuse et appliquée dans la froideur d'un public bien chiche de ses encouragements, il fut bienheureux d'en finir sans bobo face au dernier qui refusait de baisser la tête.
Il faut dire qu'un des enfants du pays était au cartel et concentrait beaucoup d'attention. Un presqu'oublié, un injuste modeste , un petit Mozart assassiné ... Thomas Joubert a affronté son destin digne, fierté retrouvée, torero de la tête aux pieds dans sa rencontre avec Dudanada.
Emouvant dans tout ce qu'il entreprit et ce qu'il fit...
Un moment vrai , magnifiée par des accolades et des étreintes qui ne pouvaient être de circonstances, avec les gens qui comptent pour lui.
Et si tout ne fut pas parfait , la France taurine a peut-être trouvé un torero d'importance. 
L'appartement de Maryse sonnait creux en soirée, déjà une pointe de nostalgie commençait à faire surface pour un dernier apéro avec le chorizo que ne couperait pas Cédric déjà reparti...Le temps est passé encore une fois si vite parce qu'une feria taurine, ce n'est pas que des toros, des toreros mais bien des moments de partage entre amis, de ceux qui t'aident à mieux vivre  , à profiter de ces petits plaisirs qui remplissent l'armoire aux souvenirs.
Avant de repartir faute de Nutella, quelques kit-kats vestiges du gâteau de Clara, dernières embrassades avant le retour au bercail...
Pas de larmes, pas d'adieux ..ce n'est qu'un au revoir!

5 commentaires:

  1. Bien joli commentaire. La corrida s'accompagne toujours de nostalgie!

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    1. et c'est bien connu , la nostalgie n'est plus ce qu'elle était!!!! merci de ton passage Chulo

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    1. merci de votre passage sur ce blog - à vous revoir j'espère

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  3. Très sympa votre écrit.
    Castella à son 2° m'a quand même donné l'émotion que le toro n'avait pas; je trouve qu'il est en train d'atteindre une grande dimension y compris avec la cape.
    Sur la rejon, d'après les échos que j'ai eus, même Ventura n'a pas été terrible.
    Quant au lundi, les Pedraza étaient d'un tout autre tonneau que les Garcigrande, pour autant je n'ai pas trouvé que c'était un grand cru comparé aux lots que j'avais vus à Dax et Azpeitia.
    Quant à Thomas Joubert; j'aimerais l'aider, mais comment faire?
    Sa faena m'a ému aux larmes malgré les scories; il n'y a rien de mécanique et de sagement répétitif dans ce qu'il fait.
    Je suis persuadé comme vous que l'on tient enfin un vrai futur grand torero français.
    J'ai hâte de le revoir, mais encore une fois comment faire pour l'aider à ouvrir quelques portes?
    Beñat

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